mercredi 23 octobre 2013

Exploration écolo-psychologique : les biais cognitifs...

Convaincu que nous sommes lucides dans nos réflexions, nous sommes au contraire régulièrement égarés par des "biais cognitifs", qui nous conduisent parfois à des conclusions inverses de celles de la "bonne raison".
Exemple : Vu la défiance plus ou moins rationnelle qu’on observe envers le nucléaire ou certaines ENR, la compréhension de ces biais cognitifs peut éclairer le citoyen que nous sommes.
Tentons d'en lister quelques-uns en s'inspirant du précieux article suivant :

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/peut-on-faire-confiance-a-notre-136778 

a. « Biais d’ancrage : Survient lorsque les gens considèrent une valeur particulière avant d’estimer une quantité inconnue. »

Exemples :

i. Les perspectives de production électriques des ENR sont surévaluées suite aux incantations reprises par les médias et le besoin de fuir une réalité anxiogène et décevante

ii. Les contaminations à Fukushima, relativement faibles comparées à celles des fossiles, poussent spontanément à extrapoler que l’énergie nucléaire est nuisible par essence.



Tout comme le coté rassurant d’une éolienne pousse à penser qu’il faut les généraliser alors que leur intermittence pérennise les centrales à gaz à 75% du temps (et à bas régime le reste du temps !)



iii. Pour Hiroshima/Nagasaki on pense que les irradiations ont beaucoup tué. En fait, 98% des morts après 50 ans sont liés aux effets conventionnels, laissant 1% pour les morts d’irradiation et 1% pour les souffrants vivants. (sans nier qu’un partie de ces 98% seraient morts sans impact conventionnel ; mais peu des survivants sont morts des irradiations)

iv. Inversement, ne considérer que les « morts » ou « victimes » dans les catastrophes de Tchernobyl et surtout Fukushima, conduit à ignorer les traumatismes psychiques plus ou moins important selon la résistance psychologique des individus. Si une proportionnalité traduisait 1 mort = 1000 stressés, on obtiendrait un bilan sensiblement différent.





b. « L’Effet de halo : La tendance à aimer (ou à détester) tout en bloc chez une personne » (ou aussi envers une idée ?)



Exemples :



i. La faible mortalité engendrée par un accident du pétrole, du gaz ou du charbon laisse penser que ces énergies sont moins délétères pour l’homme. Inversement l’accident nucléaire de Tchernobyl, avec ses 3000 morts induits environ et ses millions de stressés, impacte intuitivement l’imagination de façon définitive pour inciter à rejeter cette énergie.

ii. Défendre le nucléaire suggère de prime abord qu’on rejette les énergies renouvelables : au contraire, elles sont indispensables l’une pour l’autre pour nous libérer des énergies fossiles.



iii. Le principe de précaution irrite les scientifiques en ce qu’il peut aboutir à freiner le progrès : toute tentative même raisonnable pour tenter de prévenir les dégâts les plus probables associés aux nouvelles techniques suscitent l’ire des plus scientistes, incapables qu’ils sont de priver l’humanité de bénéfices potentiels du fait de leurs inconvénients supérieurs. La pollution des océans, des rivières, des êtres vivants montrent pourtant chaque jour que l’Homme a mal agi dans ce domaine.



iv. Détester le nucléaire incite à détester le chauffage électrique. Le second étant accusé de soutenir le premier. C’est plutôt la vertu technico-économique du premier qui rend le second très performant.



c. « Système 2 » (baptisé aussi « secondarité » chez Freud) : Opposé au « Systéme 1 », qui lui est rapide, intuitif et émotionnel qui fonctionne automatiquement avec peu ou pas d’effort ni une sensation de contrôle délibéré, le « Système 2 » est plus lent, plus réfléchi, plus contrôlé



Exemples :



i. la fatigue mentale induite par la nécessaire hiérarchisation des périls entraine le public à nier les bénéfices du nucléaire au profit des fossiles.

ii. Les sophismes sont mieux accueillis car l’effort nécessité par l’apprivoisement de la complexité du monde dissuade de se rapprocher des vérités relatives accessibles.



d. « L’aversion de la perte » : Nous sommes bien plus motivés par le fait de protéger nos acquis que par celui d’en acquérir de nouveau. L’aversion à l’échec est beaucoup plus forte que le désir de dépasser l’objectif dans des proportions inégales supérieures à 2 pour 1. D’où parfois l’effet pervers qui en résulte de persistance dans l’erreur qui peut avoir des conséquences catastrophiques »





Exemples :



i. Abuse-t-on vraiment de la volonté de garder les acquis du nucléaire par crainte du risque de lui substituer les ENR ? pas si l’approximation l’assimile à lâcher la proie pour l’ombre

ii. Inversement : Le statut quo des fossiles rassure davantage que l’ambition d’électrifier l’économie ? Certainement.



e. « Le biais de confirmation : Nous sélectionnons celles qui corroborent nos hypothèses ou nos croyances antérieures et éludons celles qui viennent les contredire



Exemples :



i. Les idéalistes ne lisent, un peu vite, que les articles scénario énergétiques qui nourrissent leur espérances (Negawatt, ADEME, Greenpeace,…) même si leur faisabilité est nulle vu l’absence de modèle économique plausible.

ii. L’utopie du souhait d’une énergie « propre » incite à ne lire que les promesses quotidiennes de révolution technique, sans prendre conscience que ces expérimentations n’ont pas de perspective généralisable (hydroliennes, voiture à hydrogène…) ou en moins de 50 ans pour certaines des plus prometteuses (solaire, supraconductivité, Thorium, STEP, fusion, graphème, hyperloop,)



f. « L’illusion de validité des experts : la personne qui acquiert davantage de connaissances (Nda : dans les domaines précités, i.e. à « environnement instable » tel que la politique, l’économie, les affaires, etc.) développe une illusion accrue de ses capacités et affiche dès lors une confiance en soi irréaliste. »



Exemples :



i. Quand Egar Morin défend cette thèse, s’applique t il à lui-même ce biais lorsqu’il combat le nucléaire ?

ii. Quand Negawatt affirme pouvoir aisément remplacer le nucléaire, doit-on le croire ? confond désir et réalité, méthode Coué ?







On pourrait ajouter à l’article :



g. « La stratégie du choc : les désastres conduisent à des chocs psychologiques (obtenir une « page blanche » psychique) et permettent d'appliquer sa doctrine »



Exemples :



a. Marteler chaque jour les soi-disant scandales de Fukushima prend en otage l’émotion et empêche la population de hiérarchiser les périls.



La sidération entrainée par des évènements mortifères nuit à la lucidité. Elle réquisitionne le temps disponible du cerveau et empêche la réflexion de fond.



b. Gaz de schistes : La flamme qui sort du robinet est censée prouver la nocivité de cette énergie. La vérité est probablement ailleurs : la nocivité systémique de s’enfoncer dans des infrastructures liées au gaz fossile.

c. OGM : les images de l’étude Séralini, reconnue désormais comme totalement mensongère, sont censés démontrer leur nocivité. (idem pour les faux « légumes de Fukushima » ou les faux « enfants mutants » de Tchernobyl.) La vérité est probablement ailleurs : nourrir l’humanité de 2050 risque d’entrainer une fuite en avant scientiste (accélérer les mutations naturelles) et capitaliste (brevetage et stérilisation du vivant) au lieu de réguler des offres et demandes soutenables



h. « Principe de réalité » : Prendre en compte les exigences du monde réel, et les conséquences de ses actes. Le principe de réalité désigne avant tout la possibilité de s'extraire de l'hallucination, du rêve, dans lesquels triomphe le principe de plaisir et d'admettre l'existence d'une réalité, insatisfaisante.



i. Le « Principe de plaisir »: (« L'Interprétation des rêves » sera le moment d'opposer le principe de plaisir au principe de réalité, caractérisant la conscience, permettant à la décharge d'être ajournée »)



Exemples :



a. On craint de prendre un risque (faible) de mort pour éviter le déclin, et on préfère jouir de la facilité actuelle des énergies fossiles.

b. S’obliger à hiérarchiser les périls et défendre des solutions « relativement » bien moins délétères (en probabilité connue) est plus difficile que d’incluner vers la défense des énergies « propres renouvelables ».

c. Lié au « principe de déni » : « on doit bien mourir de quelque chose » : affronter la réalité des risques est un effort psychique pas toujours soutenable.





j. « L’inhibition de l’action » (connu aussi sous l’appellation d’impuissance apprise ou résignation acquise) :



Exemples :



i. croire que les énergies fossiles sont là pour être consommées,

ii. croire que la pollution de la planète suite à la mauvais utilisation de la science



k. « Prométhée, Pandore, et principe de précaution »…



A vous de completer ... ;-)



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