"Intrication ? Et si Einstein avait eu raison, finalement !"
Par #DenisLinglin, physicien
Retraité de IN2P3/CNRS
Alumni CERN
Associé aux travaux de René Brun
https://hal.science/hal-05290999/document
Face à cette publication très osée car radicalement opposée au consensus concernant le modèle standard de la physique, que répondent les experts sur le fond ?
- Explication de l'intrication à 2 photons (et réfutation de la MQ2)
L'argument central reste le même : les photons intriqués ont un temps propre nul, donc leurs événements (création, propagation, mesure) sont simultanés dans leur référentiel, expliquant la corrélation instantanée sans "action à distance spooky". Cela invalide l'effondrement de la fonction d'onde (durée nulle interdit tout changement). Pour les particules massives intriquées, ce sont les photons échangés qui simulent l'intrication.
Évaluation : C'est une idée créative, mais erronée. La relativité est déjà intégrée dans la QED (théorie quantique des champs électromagnétique), qui prédit l'intrication sans violer la causalité. Le temps propre nul n'empêche pas les corrélations quantiques non locales (violations de Bell confirmées expérimentalement). L'article ignore les interprétations alternatives (e.g., many-worlds, où pas d'effondrement). Les inégalités de Bell ne sont pas réfutées par "pas de variables cachées" – au contraire, elles montrent que toute théorie locale à variables cachées est impossible, favorisant la MQ orthodoxe. Positif : le rappel sur le temps propre des photons est correct et bien illustré (exemples avec muons, jumeaux de Langevin). - Retour historique (1905-1935)
L'auteur décrit le débat Bohr-Einstein, le congrès Solvay 1927 (4 vs 4 pour MQ1 vs MQ2), le paradoxe EPR (1935), et critique la "non-réaliste" interprétation de Copenhague. Il cite Born, Laloë, Bricmont pour appuyer le réalisme. Bell (1964) est vu comme inapplicable sans variables cachées. Des faiblesses du SM sont listées (énergie du vide énorme, absence de noyaux sans neutrons, flux de neutrinos solaires).
Évaluation : Historiquement précis sur les débats (EPR, Solvay), et juste sur les interprétations philosophiques ouvertes en MQ. Mais les critiques du SM sont exagérées : l'énergie du vide est un problème connu (problème de la constante cosmologique), mais pas fatal ; le SM explique les noyaux via QCD (confinement des quarks) ; les oscillations neutrinos sont intégrées via extensions minimales (PMNS matrix). L'article sous-estime les succès du SM (précision QED, découverte du Higgs). Idée intéressante : l'onde pilote de de Broglie-Bohm pourrait être le photon – mais cela reste spéculatif et incompatible avec les expériences d'interférence sans photons impliqués. - Réfutation des quarks, remplacement par les nuons
Le SM est critiqué comme mathématique compliqué (19+ paramètres, groupes de jauge), incapable de gravité, avec quarks "postulés" et contradictions (énergie vide 10^60 fois trop grande, pT transverse au LHC). L'ASM (Brun, 2023) postule des "nuons" (dipôles e+/e- stables via photons/neutrinos), assemblés en particules (e.g., proton = 66 nuons). Masses calculées avec précision (<0.1% écart PDG), forces nucléaires comme EM modifiée, matière noire = nuons libres, antimatière = positrons dans nuons.
Évaluation : Le modèle des nuons est intrigant pour sa simplicité (4 particules, équations classiques + photons). Les calculs de masses semblent impressionnants si vérifiés (tableau montre accords fins avec PDG). Cependant, il contredit des faits établis : quarks observés via jets en collisions (LHC), confinement QCD testé ; charges fractionnaires des quarks mesurées (e.g., deep inelastic scattering) ; pas de dipôles e+/e- stables observés (annihilation rapide). L'ASM ignore la chromodynamique (couleurs, gluons). Réduire forces nucléaires à EM est impossible – la forte est bien distincte (asymptotique freedom). Matière noire comme nuons : pourquoi pas détectés ? Le papier de Brun (DOI donné) est publié dans un journal open access, mais sans impact majeur apparent – il mérite vérification, mais semble marginal. - Gravité quantique et le neutrino
Neutrino comme vecteur de gravité (idée de Poincaré 1905), quantum d'énergie (analogue au photon, mais h' << h). Analogies EM-gravité (1/r^2, propagation à c). Neutrinos oscillent pas vraiment ; masse nulle, auto-couplage. Seuil énergétique pour gravité. Trous noirs = photons + neutrinos.
Évaluation : Audacieux, mais problématique. Neutrinos ont masse faible (oscillations confirmées : SuperKamiokande, SNO), donc v < c ; ils interagissent faiblement, pas gravitationnellement comme vecteurs. Ondes gravitationnelles détectées (LIGO) impliquent gravitons spin-2, pas neutrinos spin-1/2. Idée de seuil pour "gravifique" est ad hoc. Positif : analogies EM-gravité sont réelles (e.g., en relativité générale linéarisée), et Poincaré a bien spéculé sur ondes gravifiques. - Autres conséquences, en cosmologie
Effets quantiques persistent via photons (cryptographie, Casimir, tunnel), mais ordinateur quantique/ superposition invalidés. Énergie : réacteur nuonique libérant 90% Mc^2 (faisabilité via lasers comme PETAL/NIF). Étoiles à neutrons/trous noirs : transitions de phase (nucléons → nuons → photons/neutrinos). Big Bang : durée propre longue (milliards d'années pour ère Planck, évitant discontinuités) ; énergie noire = enveloppe de photons primordiaux <1 MeV, attirant l'univers de l'extérieur.
Évaluation : Spéculatif et optimiste. Réacteur nuonique : intéressant concept (comme fission avancée), mais sans preuve de stabilité des nuons. Cosmologie : durée propre longue pour early universe est une idée valable (référentiels cosmologiques varient), mais contredit CMB (homogénéité implique inflation rapide). Énergie noire comme "shell" de photons : créatif, mais photons interagissent EM (pas seulement gravité), et shell s'éloignerait à c sans accélération observée (supernovae Ia, BAO). Trous noirs comme bosons : ressemble à étoiles bosoniques théoriques, mais pas nouveau.
Révolution, mais physique pas finie. Appel à tester ASM. Réfs : Brun 2023, Poincaré, EPR, Bell, etc.
Évaluation : Conclusions provisoires, ouvertes au débat – positif. Réfs solides pour histoire, mais ASM repose sur un papier isolé.Conclusion généraleAvec le texte complet, l'article gagne en profondeur : le modèle des nuons offre une unification élégante (simplicité, prédictions masses), et les extensions (gravité quantique, cosmologie) sont logiques dans ce cadre. C'est une tentative louable de réalisme einsteinien, évitant "bizarreries" quantiques, et stimulant pour repenser des problèmes ouverts (énergie noire, gravité quantique). Cependant, cela reste une théorie alternative non validée, auto-publiée ou via blog (sans peer-review rigoureux, comme le titre du blog le note ironiquement). Les faiblesses majeures persistent : contradictions avec expériences (quarks, oscillations neutrinos, QED précision), malentendus sur MQ (intrication n'est pas "résolue" par temps propre), et absence de prédictions testables nouvelles (e.g., comment falsifier nuons ?). Le SM et MQ2 sont trop bien confirmés pour être abandonnés sans preuves extraordinaires. Si c'est une "révolution", elle attendra des tests expérimentaux (e.g., au LHC pour nuons).