1) Mardi 18 juillet
Monologue.
15) Théatre Essaions
Sommes nous ingrats ?
Ce que nous recevons, l'a-t-on mérité si on ne sait en apprécier et en reconnaitre le prix et la provenance avec humilité ?
Boire de l'eau, potable.
Avoir un toit, se vêtir. Se laver.
Se nourrir, se chauffer. Se soigner.
Se déplacer, en sécurité.
Se cultiver, accéder à la connaissance en devenir, aimer et être aimé. Transmettre.
Qui s'en réjouit encore ? Qui sait les sacrifices de nos ancêtres, de nos ainés ?
Qui ose éviter le regard sidéré de nos frères miséreux au sud sur les enfants gâtés que nous sommes le plus souvent ?
La mémoire est courte. Les inégalités nous donnent-elles le droit d'oublier ? L'ignorance et la haine nous envahissent. Luttons. Cette dette nous oblige. Chacun avec ses moyens. A respecter et faire grandir.
Certains réfléchissent à la question ici dans l'entreprise :
https://www.cairn.info/revue-gerer-et-comprendre1-2008-3-page-53.htm
D'autres sont tiraillés.
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio/L-Ingratitude
A méditer ?
Un paragraphe publié par la SFEN semble déroutant pour un écomoderniste, sans précision complémentaire :
http://www.sfen.org/sites/default/files/public/atoms/files/nucleaire-et-renouvelables.pdf
Vu sur :
http://www.sfen.org/fr/les-publications-et-travaux
Citation :
"Les énergies bas carbone, nucléaire et renouvelables, sont complémentaires.
• Le parc nucléaire français est un socle qui permettra aux énergies renouvelables intermittentes de se développer dans toute l’Europe de l’Ouest : il fournit de l’énergie sans CO2
en continu et assure la sécurité d’alimentation du système à tout instant.
La plupart des réacteurs nucléaires en exploitation peuvent ajuster jusqu’à 80%, à la hausse ou à la baisse, leur puissance en 30 minutes, permettant de compenser les variabilités sur le réseau et de valoriser au mieux la production d’électricité renouvelable."
Qu'en penser ?
ONG et industrie : des objectifs différents mais complémentaires.
Comment comprendre que la SFEN cautionne une usure prématurée des réacteurs et un effondrement de sa rentabilité par baisse de son facteur de charge ? Réponse personnelle sur le fond :
Dans le scénario que propose Sauvons Le Climat, en 2100, on aura dans le monde 50% de nucléaire et 50% de renouvelable dans le mix énergétique mondial (1) Il y a donc bien complémentarité. Le problème, spécifiquement français, est le poids idéologique des productions d'électricité renouvelables intermittentes qui sont, depuis le début, des machines de guerre anti-nucléaires. Il faut savoir faire des différences selon les zones géographiques. La production d'électricité solaire est parfaitement justifiée dans les pays fortement et régulièrement ensoleillés (Afrique, Inde). La mobilité sera certes assurée largement par l'électricité, permettant d'ailleurs par là un stockage de l'électricité de court terme, adaptée, là encore, à l'utilisation du solaire. Mais il est probable qu'une part de la mobilité sera assurée par les biocarburants de 2ème génération, le biogaz et l'hydrogène (combien ? qui peut le dire...). La production de chaleur pourra certes être assurée par l'électricité, mais, aussi, par la géothermie de haute et basse enthalpie, la biomasse et le solaire
En ce qui concerne la SFEN, elle dit qu'un développement de l'éolien et du PV ne conduit pas automatiquement à une diminution du nombre de réacteurs. Il s'agit de constater que ce développement ne nécessite ni l'arrêt de centrales nucléaires, ni la mise en œuvre de centrales à gaz pour gérer l'intermittence (dans une certaine limite, bien sûr). Évidemment, il se traduirait par une baisse du facteur de charge du nucléaire, ce qui est absurde économiquement; mais serait-il préférable d'arrêter définitivement des réacteurs en les remplaçant par des centrales à gaz fonctionnant à temps partiel ? La SFEN est une association professionnelle et doit défendre l'intérêt des industriels du nucléaire dans le cadre légal. Si elle a son mot à dire comme les autres association dans la phase d'élaboration de la loi (par exemple de celle de la LTECV), elle a, une fois la loi votée, la tâche de gérer celle-ci selon son impact sur l'industrie nucléaire. Si la loi change bientôt, sa position en sera simplifiée.
SLC n'a pas pour objectif la défense du nucléaire, du gaz ou des ENR, il a pour objectif de diminuer les émissions de GES au moindre coût, et, par conséquent, ne peut se satisfaire d'un développement inutile et ruineux de l'éolien et du PV en France. Dès qu'une EnR est compétitive sur un territoire, externalités incluses, SLC l'intègre prioritairement dans ses préconisations. (Actuellement les EnR chaleur et parfois l'autoconsommation PV si le rendement et le CO2 de l'énergie grise le permettent).
D'une certaine façon SLC et la SFEN sont complémentaires.
(1) : https://sauvonsleclimat.org/nucleaire-et-changement-climatique/35-fparticles/1938-nucleaire-et-changement-climatique.html
Le lien vers l'étude détaillée en anglais :
http://www.sauvonsleclimat.org/how-much-can-nuclear-energy-do-about-global-warming
Voir aussi la vidéo :
#HervéNifenecker : "L'énergie nucléaire peut-elle limiter le réchauffement climatique ? (1/2)" https://t.co/SqtsocGU9J #MessageSupplyN
Beaucoup de problèmes écologiques viennent de ce que les questions environnementales n'ont émergé que lentement (# 20 à 30 ans) et n'ont nullement intéressé, à leur début, les grands partis politiques que ce sujet embarrassait.
Ils ont alors préféré sous-traiter ce qui concernait l'environnement (sujet très sérieux qui mérite une approche scientifique rigoureuse et une volonté et un courage politiques éclairés) à des groupuscules d'extrême gauche recyclés.
Ces groupuscules auraient besoin d'un bon pédopsychiatre : ils ont les travers de gamins, capricieux, hurlant des slogans sans s’informer, chacun poussant l’autre pour être lui même devant.
Cette sous-traitance est catastrophique pour les partis dits "de gouvernement", actuellement PS et LR, car l'écologie est devenue une préoccupation majeure des électeurs. Imaginerait-on que le PS ou LR sous-traite la politique extérieure, la politique fiscale ou l'organisation de l'enseignement ?
Les enjeux écologiques ne sont pas isolés mais une facette seulement des problèmes : il importe que des techniciens spécialistes de chaque domaine touchant l’environnement évaluent bénéfices et conséquences économiques, sociales et financières de chaque mesure sans référence à une idéologie ou mot d’ordre de parti politique. (***)
Actuellement, c'est la surenchère électoraliste qui sévit, signe de la PostVérité qui s'installe. Peu importe si le bisphénol A n'est pas réellement dangereux aux doses diffusées, et qu'on le remplace par quelque-chose de pire, ce qui compte c'est que le ministre ait répondu aux angoisses de la rue. Loin de la précieuse nuance qui devrait guider nos choix, courageux et responsables. Le "merit order" ne guide plus nos investissements et le pays s'enfonce dans la dette et le chômage, miné par l'individualisme contemporain. L'esprit collectif du CNR a vécu. La science ne prime plus suffisamment dans nos décisions, il y a crise de la confiance, tout n'est que lobby supposé. Alors qu'on a jamais été aussi protégé par la science. (*)
A mon avis, la vraie urgence est que les grands partis prennent enfin, vraiment, conscience de l'importance des enjeux écologiques et les traitent "en interne" sans se plier aux diktats d'EELV (ou autre officine postmoderne). Ce qui doit être d'autant plus facile que ce parti poursuit en réalité des objectifs purement politiques et se contrefiche de la plupart des vrais problèmes écologiques. Le bilan fossile du greenwashing des bio-carburants nous le rappelle douloureusement, réalisé financièrement au dépend de l'utile : par exemple le fond chaleur, toujours promis mais jamais réalisé réellement, car moins lucratif pour le SER et trop concurrent pour les énergies fossiles. Gaz en tête, ENGIE, Gasprom et d'autres étant les financeurs de ces mouvances. Pour s'en convaincre, il suffit de voir avec quelle rage ils attaquent la production électronucléaire d'énergie (**) pour répondre au défi majeur du changement climatique ou défendent les intermittentes éoliennes, inutiles (cf. leur EROI) destructrices des paysages français, car en doublon ruineux du parc (plusieurs milliards de surcoût chaque année) et non pilotable ou stockable à coûts acceptables. Ou encore soutiennent l'ultra-libéralisme bruxellois, qui a mis à genoux notre marché de l'énergie et donc le développement de nos emplois. Moralisons l'Europe pour la rendre plus forte et sans idéologie ?
Car ce sont toujours les plus modestes qui en feront les frais.
Vous avez dit gauche et droite "sociale" ?
N'attendons pas que MLP incarne cette mission. Le peuple sent l'imposture croissante du "système".
(*) Pour en savoir plus sur nos biais scientifiques :
http://presseantiscientifique.blogspot.fr
(**) Pour en savoir plus sur l'énergie en France : https://ideesrecuessurlenergie.wordpress.com
(***) Pour découvrir sur twitter un scénario plus vertueux (negatep) : https://twitter.com/nikopol/status/572134416258101248