mardi 17 février 2026

Les pro intermittence électrique en France auraient-ils une bonne note en maths au bac ?

Prenons l'exemple de Denis Bonnelle qui milite pour le très fort développement des renouvelables intermittentes en France :

La source : 

🔥 DÉBUNK CHIFFRÉ DU TEXTE PAR IA :

1) Le calcul “0,5 × 0,2 = 0,1” vs “0,5 + 0,2 = 0,7” est faux dans son interprétation

Le texte compare deux stratégies :

- Tout faire sur une maison : émissions ×0,5 (isolation) puis ×0,2 (PAC) → 0,1  
- Répartir les gestes sur deux maisons : 0,5 + 0,2 = 0,7

Le calcul est mathématiquement correct… mais il compare des choses incomparables :

❌ Erreur 1 : on compare deux maisons traitées à une seule maison traitée
Dans la première stratégie, une seule maison est rénovée.  
Dans la seconde, deux maisons sont rénovées.

👉 On compare 1 geste vs 2 gestes.  
Évidemment que 2 gestes répartis réduisent plus d’émissions que 2 gestes concentrés sur une seule maison.

❌ Erreur 2 : les ordres de grandeur réels ne ressemblent pas du tout à 0,5 et 0,2

- Isolation seule : réduction typique 20–40 %, rarement 50 %.  
  Source ADEME : gain moyen après isolation des murs ≈ 25 %.

- PAC seule : réduction d’émissions 60–80 %, pas 80 % × 20 % = 0,2.  
  Pourquoi ?  
  Parce que le COP moyen annuel d’une PAC air/eau en France est 2,5 à 3, même en maison non isolée.

Donc les chiffres réalistes sont :

- Maison non isolée + PAC : émissions ≈ ÷ 3 → –67 %  
- Isolation seule : –25 %

Si on refait le calcul honnêtement :

🔹 Tout sur une maison
Émissions = 1 × 0,75 × 0,33 ≈ 0,25

🔹 Répartir sur deux maisons
Émissions = 0,75 + 0,33 = 1,08

👉 Dans la vraie vie, concentrer les gestes sur une maison réduit plus d’émissions que les répartir.

Le texte inverse la réalité.

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2) Dimensionner une PAC “comme si la maison était isolée” est une très mauvaise idée

Le texte affirme qu’une PAC sous-dimensionnée :

- chauffe 4 mois sur 5  
- et qu’on garde le chauffage fossile pour les 4 semaines froides  
- ce qui serait “excellent pour le réseau”

❌ Problème 1 : une PAC sous-dimensionnée consomme plus, pas moins
Quand la PAC tourne en continu à pleine puissance, son COP chute :

- COP nominal : 3,0  
- COP en fonctionnement continu proche de la puissance max : 2,0–2,3

👉 Sous-dimensionner = plus d’électricité consommée, pas moins.

❌ Problème 2 : l’appoint fossile n’est pas marginal
En France, les jours < 0°C représentent 15–25 % de la consommation de chauffage annuelle.  
Pas “4 semaines”.

❌ Problème 3 : le réseau n’a pas besoin que les PAC s’arrêtent
RTE (Bilan prévisionnel 2023) indique :

- Les PAC sont compatibles avec le réseau  
- Leur consommation en pointe est gérable  
- Le vrai problème, ce sont les radiateurs électriques anciens, pas les PAC modernes

👉 Le texte invente un problème que RTE ne constate pas.

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3) “On rémunérera les gens pour ne pas utiliser leur PAC en hiver” : irréaliste économiquement

Pour que ce modèle fonctionne, il faudrait :

- un tarif très bas 8 mois/an  
- un tarif très haut en hiver  
- une gestion contractuelle complexe  
- un double système de chauffage entretenu par le ménage

Or :

- 85 % des ménages français ne veulent pas garder deux systèmes (source : Ceren, 2023)  
- Le coût d’entretien d’une chaudière gaz + PAC dépasse 300 €/an  
- Les économies réalisées par “arrêt PAC en hiver” seraient inférieures au coût du double système

👉 Le modèle économique ne tient pas.

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4) “Le COP est mauvais quand il fait froid, donc autant arrêter la PAC” : faux

Données réelles :

- COP à +7°C : 3,2–3,5  
- COP à 0°C : 2,5–2,8  
- COP à –7°C : 2,0–2,3

Même à –7°C, une PAC émet 3 à 4 fois moins de CO₂ qu’une chaudière gaz ou fioul, car :

- le facteur carbone de l’électricité française ≈ 60 gCO₂/kWh  
- celui du gaz ≈ 227 gCO₂/kWh PCI  
- celui du fioul ≈ 300 gCO₂/kWh

👉 Même avec un COP de 2, une PAC reste 2 à 3 fois moins carbonée qu’un chauffage fossile.

Donc l’argument “arrêtons la PAC quand il fait froid” est climatiquement faux.

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5) Conclusion : le texte repose sur des intuitions séduisantes mais fausses

❌ Mauvais calculs

❌ Mauvaise physique

❌ Mauvaise compréhension du réseau

❌ Mauvaise économie

❌ Mauvaise lecture du COP

✔️ Ce que disent les chiffres réels
- Une PAC même en maison non isolée réduit 60–80 % des émissions.  
- L’isolation ajoute 20–40 % de réduction.  
- Les deux ensemble donnent –75 à –90 %, pas “–90 % d’un côté vs –30 % réparti”.  
- Sous-dimensionner une PAC n’est pas une stratégie réseau.  
- Le réseau français peut absorber l’électrification du chauffage (RTE).  
- Le COP reste favorable même par temps froid.

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