samedi 12 septembre 2026

La France a construit le nucléaire. L’Europe organise-t-elle la redistribution de sa rente ?

Il faut sortir d’un malentendu : la France ne vend pas son électricité à son prix national lorsqu’elle exporte


Prenons un exemple spectaculaire : à un instant donné, l’électricité vaut 262 €/MWh en France et 551 €/MWh en Belgique.


La France exporte vers la Belgique.


Le MWh produit en France est alors valorisé dans la zone française à 262 €/MWh, tandis que l’acheteur belge paie 551 €/MWh.


La différence de 289 €/MWh constitue une rente de congestion, liée à la rareté de la capacité de transport entre les deux zones.


Ce mécanisme n’est pas une anomalie comptable : c’est précisément le fonctionnement du couplage des marchés européens.


Mais il pose une question politique beaucoup plus importante :


la France, qui a investi pendant des décennies dans un parc nucléaire et hydraulique extrêmement compétitif, capte-t-elle réellement toute la valeur économique de cet avantage ?


La réponse est : non.


Et c’est là que le débat devrait commencer.



1. Le véritable trésor français : produire beaucoup d’électricité décarbonée à faible coût variable


La force française est connue mais insuffisamment valorisée politiquement.


En 2025, la France a produit environ 547,5 TWh d’électricité et atteint un solde exportateur record de 92,3 TWh.


Elle est devenue le premier exportateur net d’électricité d’Europe.


RTE estime la valeur nette des exportations françaises à 5,4 milliards d’euros lorsqu’elles sont valorisées aux prix français.


Mais RTE fournit également une information extrêmement intéressante :


si ces exportations sont valorisées au prix moyen des pays vers lesquels elles sont exportées, leur valeur atteint environ 9 milliards d’euros.


Autrement dit :


5,4 Md€ au prix français

≈ 9 Md€ au prix des pays importateurs


Soit une différence d’environ :


3,6 milliards d’euros par an.


(Analyses et Données de l’Électricité⁠)


Attention : ces 3,6 Md€ ne sont pas un « manque à gagner » comptable d’EDF. Ce serait intellectuellement faux.


Mais ils représentent quelque chose de très concret :


la différence entre la valeur que représente cette électricité pour la France et la valeur qu’elle représente sur les marchés où elle est consommée.


C’est précisément cette différence qui devrait alimenter une réflexion politique sur la valorisation de notre avantage nucléaire.



2. Et ce n’est pas une petite affaire


En 2024, la France avait déjà exporté 89 TWh nets, un record historique à l’époque.


La valeur nette de ces exportations avait atteint environ 5 milliards d’euros.


Le bloc Allemagne-Belgique représentait à lui seul 27,2 TWh de solde exportateur français.


(Analyses et Données de l’Électricité⁠)


En 2025, le record a encore été battu :


92,3 TWh nets exportés.


Et RTE estime à environ 9 Md€ la valeur de ces exportations lorsqu’elles sont appréciées aux prix moyens des pays destinataires.


(Analyses et Données de l’Électricité⁠)


Nous sommes donc bien face à un phénomène de plusieurs milliards d’euros par an.


Mais il faut distinguer trois choses :


1. la recette d’EDF/producteurs ;

2. la rente de congestion des interconnexions ;

3. le gain ou la perte économique pour les consommateurs français.


Les confondre conduit à raconter une histoire fausse.



3. La rente de congestion : les chiffres sont encore plus instructifs


La CRE vient de publier les chiffres 2025.


RTE a perçu 2,0503 milliards d’euros de recettes brutes de congestion aux frontières avec les autres États membres de l’Union européenne.


En face, RTE a engagé 1,5905 milliard d’euros de coûts correspondant aux objectifs prioritaires prévus par le règlement européen.


Il reste donc un excédent de :


459,7 millions d’euros.


Et la CRE précise que cet excédent vient en déduction du TURPE.


(Commission de régulation de l’énergie⁠)


En 2024, les recettes brutes de congestion de RTE avaient atteint 1,5855 Md€, pour 1,3766 Md€ de coûts associés.


(Commission de régulation de l’énergie⁠)


Voilà les chiffres qu’il faut utiliser dans un débat sérieux.


Pas « 4 milliards volés aux Français ».


Mais :


plus de 2 milliards d’euros de recettes brutes de congestion en 2025 pour RTE, dont environ 1,59 milliard absorbé par les coûts éligibles et 460 millions d’euros venant finalement réduire le TURPE.


Ce n’est déjà pas anodin.



4. Mais alors, pourquoi le système paraît-il si étrange ?


Parce que le mécanisme européen ne cherche pas à maximiser la rente française.


Il cherche à maximiser l’efficacité du système électrique européen.


C’est fondamentalement différent.


Lorsqu’une interconnexion relie une zone à bas prix et une zone à haut prix, le marché organise un transfert d’électricité de la première vers la seconde.


Plus la capacité est limitée, plus les prix peuvent diverger.


La différence de prix crée alors une recette de congestion.


Le règlement européen 2019/943 prévoit que ces recettes doivent prioritairement servir à garantir la capacité disponible, maintenir ou augmenter les capacités d’échange et financer certains investissements pertinents pour réduire les congestions.


(Eur-Lex⁠)


Et voilà le paradoxe.


La France dispose d’une production exceptionnellement compétitive.


Elle exporte.


Les écarts de prix créent des recettes de congestion.


Ces recettes contribuent ensuite au financement des réseaux et à l’augmentation des capacités d’interconnexion.


Et l’augmentation des interconnexions tend à réduire les écarts de prix entre les zones.


Autrement dit :


plus on réussit à exporter notre électricité bon marché vers les pays où elle est chère, plus on construit les moyens permettant de réduire à terme l’écart de prix entre eux.


C’est économiquement cohérent à l’échelle européenne.


Mais cela mérite d’être interrogé à l’échelle française.



5. La France a-t-elle intérêt à faire disparaître son avantage de prix ?


C’est LA question politique.


Et elle est rarement posée.


La doctrine européenne considère qu’un marché plus intégré est globalement plus efficace.


C’est vrai dans de nombreux cas.


Une interconnexion peut éviter de démarrer une centrale à gaz coûteuse dans un pays et permettre d’utiliser une centrale nucléaire ou hydraulique moins coûteuse dans un autre.


C’est économiquement rationnel.


Mais il existe un autre phénomène :


la France a quelque chose que beaucoup de ses voisins n’ont pas : un immense parc nucléaire et hydraulique déjà construit.


Cet actif représente des dizaines, voire des centaines de milliards d’euros d’investissements historiques.


Il constitue un avantage industriel considérable.


Et cet avantage produit aujourd’hui une électricité bas-carbone et relativement peu coûteuse.


Pourquoi faudrait-il considérer comme un objectif en soi la disparition progressive de l’avantage de prix français ?


C’est là que la politique énergétique européenne devient contestable.



6. Le problème n’est pas l’Europe. C’est l’absence de stratégie française.


Il serait trop facile de conclure :


« Bruxelles nous vole notre nucléaire. »


Ce n’est pas démontré.


Le problème est beaucoup plus subtil.


Bruxelles défend les intérêts du marché européen.


Et c’est normal.


La question est :


où est la stratégie française pour défendre les intérêts économiques spécifiques de la France dans ce marché ?


Pendant des décennies, la France a investi dans le nucléaire.


Elle a ensuite créé l’ARENH, qui a organisé la mise à disposition d’une partie de la production nucléaire historique à ses concurrents à un prix réglementé.


Puis elle a accepté un fonctionnement de marché qui fait dépendre la rémunération de l’électricité française des conditions de marché européennes.


Et parallèlement, elle a laissé se développer massivement des moyens intermittents dans les pays voisins, souvent associés à des centrales fossiles de secours.


Résultat :


nous avons construit l’un des meilleurs systèmes électriques du monde et nous avons progressivement perdu la maîtrise politique de la manière dont sa valeur économique est distribuée.


Voilà le vrai scandale.



7. L’interconnexion n’est pas le problème. L’interconnexion sans stratégie l’est.


Il serait absurde de fermer les frontières électriques.


La France bénéficie elle aussi des interconnexions.


RTE souligne que les échanges permettent d’utiliser les moyens de production les moins coûteux à l’échelle européenne et que les importations françaises peuvent ponctuellement profiter de productions étrangères très bon marché.


(Analyses et Données de l’Électricité⁠)


Les interconnexions ont également une valeur assurantielle considérable.


La CRE estime d’ailleurs que les recettes d’interconnexion ont contribué à couvrir les coûts des interconnexions et ont permis, notamment pendant la crise, de réduire le coût supporté par les utilisateurs du réseau. (Commission de régulation de l’énergie⁠)


Donc :


ne détruisons surtout pas les interconnexions.


Mais cessons de considérer leur développement comme une religion.


Une nouvelle interconnexion doit être évaluée comme n’importe quel investissement :


qui paie ?

qui gagne ?

combien ?

pour combien de temps ?

quel est son effet sur les prix français ?

quel est son effet sur la sécurité du système ?

quel est son effet sur les investissements nécessaires en France ?



8. Et surtout : arrêtons de faire payer le nucléaire pour financer indirectement la transition énergétique de nos voisins


C’est ici que le débat devient politique.


La France ne doit pas avoir honte de son avantage compétitif.


Elle doit l’utiliser.


La priorité devrait être :


1. électrifier massivement les usages français ;

2. remplacer pétrole et gaz par de l’électricité bas-carbone ;

3. maintenir et prolonger le parc nucléaire ;

4. construire les EPR2 ;

5. développer l’hydraulique et les STEP ;

6. utiliser intelligemment les interconnexions ;

7. exporter les surplus ;

8. maximiser la valeur économique de ces exportations.


Et surtout :


ne jamais organiser volontairement la rareté artificielle de l’électricité française pour faire monter son prix.


La France doit disposer d’une électricité abondante.


Très abondante.


C’est précisément cette abondance qui doit devenir notre avantage industriel.



9. Une politique énergétique française radicalement différente


Il faut maintenant assumer une politique beaucoup plus offensive.


Première décision : reconstruire l’outil nucléaire


Prolonger les réacteurs aussi longtemps que la sûreté le permet.


Accélérer les VD4.


Préparer les prolongations à 60, 70 voire 80 ans lorsque l’ASN les autorise.


Construire les EPR2.


Et ne pas s’arrêter à six.


La France doit viser un parc nucléaire capable de fournir durablement 60 à 100 GW selon les besoins du système.



Deuxième décision : développer l’hydraulique et le stockage plutôt que surdimensionner l’intermittence


Chaque nouveau GW d’hydraulique ou de STEP apporte quelque chose qu’un GW éolien ou solaire ne garantit pas :


de la puissance pilotable.


La priorité doit être donnée aux barrages, STEP, flexibilités et réseaux nécessaires à un système nucléaire-hydraulique.


Pas à une fuite en avant dans les MW intermittents.



Troisième décision : faire de l’électricité bon marché un avantage industriel


La France ne doit pas chercher à aligner artificiellement son prix sur celui de l’Allemagne.


Elle doit faire exactement l’inverse :


transformer son électricité bon marché en avantage compétitif.


Industrie électro-intensive.


Pompes à chaleur.


Véhicules électriques.


Production d’hydrogène lorsque celle-ci est économiquement pertinente.


Chaleur industrielle.


Data centers.


Dessalement.


Nouveaux procédés industriels.


Le meilleur moyen de valoriser notre nucléaire n’est pas nécessairement d’exporter chaque électron.


C’est parfois de transformer cet électron en produit industriel français à forte valeur ajoutée.



10. Quatrième décision : renégocier le fonctionnement du marché européen


Il faut avoir le courage de poser la question.


Pourquoi une électricité française produite majoritairement avec du nucléaire et de l’hydraulique devrait-elle être structurellement valorisée selon les mêmes mécanismes qu’une électricité marginalement déterminée par une centrale à gaz ?


Le marché marginaliste a une logique économique.


Mais cette logique devient discutable lorsqu’elle s’applique durablement à des systèmes électriques radicalement différents.


La France doit défendre :


un marché européen des échanges, oui ;


une convergence forcée des prix, non.


Les prix doivent pouvoir refléter durablement les avantages structurels de chaque système énergétique.



11. Cinquième décision : faire évoluer les règles de congestion


La France devrait demander une révision des règles afin que les recettes liées à ses interconnexions soient davantage utilisées au bénéfice des consommateurs français lorsque ceux-ci supportent les investissements correspondants.


Aujourd’hui, l’article 19 du règlement européen impose une hiérarchie claire : disponibilité, maintien ou augmentation des capacités, puis éventuellement prise en compte dans les tarifs.


(Eur-Lex⁠)


Ce n’est pas absurde.


Mais la France doit poser une question simple :


jusqu’où faut-il augmenter les interconnexions lorsque la France est structurellement exportatrice et que son prix est structurellement inférieur à celui de plusieurs voisins ?


La bonne réponse n’est pas « toujours plus ».


C’est :


jusqu’au niveau économiquement optimal pour les consommateurs français et européens.



12. Le chiffre qui devrait faire réfléchir : 3,6 milliards d’euros


Revenons au chiffre le plus spectaculaire.


En 2025 :


valeur des exportations au prix français : ≈ 5,4 Md€


valeur au prix moyen des pays importateurs : ≈ 9 Md€


écart : ≈ 3,6 Md€


(Analyses et Données de l’Électricité⁠)


Encore une fois :


3,6 Md€ n’est pas une « perte d’EDF ».


C’est une estimation de la différence de valorisation entre le prix français et les prix des pays destinataires.


Mais cette différence montre quelque chose d’essentiel :


la compétitivité électrique française possède une valeur économique supérieure à celle que révèle simplement le prix français.


Et cette valeur doit devenir un sujet majeur de politique industrielle.



13. Et les recettes de congestion ?


Là encore, les chiffres sont très parlants.


2024 :


1,59 Md€ de recettes brutes de congestion pour RTE.


2025 :


2,05 Md€.


En 2025, après 1,59 Md€ de coûts éligibles, il reste 459,7 M€, qui viennent réduire le TURPE.


(Commission de régulation de l’énergie⁠)


Il serait donc faux de dire :


« L’Europe prend 2 milliards aux Français et les donne aux Allemands. »


Mais il serait tout aussi faux de dire :


« Ces recettes n’ont aucune importance pour la France. »


Elles représentent plusieurs milliards d’euros de flux économiques et participent au financement d’un système d’interconnexions qui modifie progressivement les conditions économiques dans lesquelles le nucléaire français est valorisé.


C’est précisément cette dynamique qu’il faut regarder sur vingt ou trente ans.



14. Le véritable risque est beaucoup plus profond


Le risque n’est pas que la France perde demain 2 milliards d’euros.


Le risque est de laisser disparaître progressivement son avantage structurel.


Une France disposant d’une électricité abondante, pilotable, décarbonée et compétitive possède un avantage industriel extraordinaire.


Si nous construisons suffisamment de nucléaire et d’hydraulique :


→ notre électricité devient abondante ;


→ notre prix peut rester inférieur à celui de nombreux voisins ;


→ nous électrifions notre économie ;


→ nous attirons les industries ;


→ nous exportons les surplus ;


→ nous réduisons pétrole et gaz ;


→ nous réduisons notre déficit commercial.


C’est une stratégie de puissance.


À l’inverse :


→ nous construisons insuffisamment de nucléaire ;


→ nous compensons par de l’intermittence ;


→ nous devons multiplier les réseaux ;


→ nous avons besoin de davantage de flexibilités ;


→ nous dépendons davantage des marchés européens ;


→ nous perdons progressivement notre avantage de prix ;


→ puis nous expliquons aux Français que l’électricité doit être chère pour financer la transition.


Ce serait une erreur historique.



15. La France doit redevenir la « fourmi » électrique de l’Europe


L’image de la cigale et de la fourmi est finalement pertinente — mais il faut la retourner.


La France a été la fourmi.


Elle a investi massivement dans le nucléaire.


Elle a construit des barrages.


Elle a développé une industrie électrique puissante.


Elle possède aujourd’hui un parc qui lui permet de produire une électricité parmi les moins carbonées d’Europe.


Ce patrimoine ne doit pas être dilué.


Il doit être capitalisé.


Nous ne devons pas avoir honte d’être plus compétitifs que nos voisins.


Nous devons exploiter cet avantage.


Une Europe solidaire n’est pas une Europe qui oblige celui qui a bien investi à renoncer à son avantage.


C’est une Europe qui permet à chacun de tirer parti de ses forces.


L’Allemagne possède son industrie.


L’Espagne possède son solaire.


La Norvège possède son hydraulique.


La France possède son nucléaire et son hydraulique.


Très bien.


Mais alors que chacun assume ses choix.



16. Une nouvelle doctrine française


La doctrine devrait tenir en une phrase :


« Nous voulons une Europe électrique interconnectée, mais une France électronucléaire souveraine, abondante et compétitive. »


Cela signifie :


Nucléaire : prolonger et reconstruire.


Hydraulique : développer au maximum ce qui est techniquement et écologiquement possible.


STEP : accélérer fortement.


Réseaux : investir d’abord là où ils permettent l’électrification française.


Interconnexions : conserver celles qui créent une valeur nette positive, mais évaluer strictement les nouvelles.


ENR intermittentes : arrêter le surdimensionnement systématique ; développer seulement celles dont la valeur système est démontrée.


Marché européen : conserver les échanges mais réformer les mécanismes qui empêchent de valoriser correctement les avantages structurels des différents mix.


Prix français : permettre à l’électricité nucléaire de rester durablement compétitive.


Industrie : utiliser l’électricité française bon marché comme arme de réindustrialisation.


Exportations : exporter lorsque le MWh n’a pas de meilleur usage domestique.



Conclusion : nous n’avons pas besoin de moins d’Europe. Nous avons besoin de plus de stratégie française.


La France ne s’est pas « fait voler » 4 milliards d’euros par an.


Ce serait une conclusion excessive et non démontrée.


Mais quelque chose de beaucoup plus important est en train de se jouer.


La France possède un avantage énergétique historique de plusieurs milliards d’euros par an.


En 2025, elle a exporté 92,3 TWh nets.


Ses exportations ont représenté 5,4 Md€ au prix français, et environ 9 Md€ valorisées aux prix des pays destinataires.


Dans le même temps, RTE a enregistré 2,05 Md€ de recettes brutes de congestion sur les frontières européennes, dont 1,59 Md€ de coûts éligibles et 460 M€ d’excédent venant réduire le TURPE.


(Analyses et Données de l’Électricité⁠)


Ce ne sont pas des anecdotes.


Ce sont les premières manifestations financières d’une question stratégique :


qui doit bénéficier de la rente économique créée par les investissements énergétiques historiques de la France ?


La réponse actuelle est :


le marché européen dans son ensemble.


La réponse française devrait être :


les Français d’abord — et l’Europe ensuite, lorsque cela crée une valeur réciproque.


Nous devons cesser de considérer notre nucléaire comme une simple infrastructure électrique européenne.


C’est un actif industriel français.


Un actif payé par plusieurs générations de contribuables.


Un actif qui permet aujourd’hui de produire massivement une électricité décarbonée.


Un actif qui réduit notre dépendance aux hydrocarbures.


Un actif qui améliore notre balance commerciale.


Et un actif qui peut devenir le socle de la réindustrialisation française.


Il serait absurde de le diluer.


La France ne doit donc pas quitter l’Europe électrique.


Elle doit cesser d’y entrer désarmée.


Construisons du nucléaire.

Prolongeons le nucléaire.

Développons l’hydraulique.

Stockons.

Électrifions.

Industrialisons.

Exportons les surplus.

Et négocions enfin les règles européennes en fonction de l’intérêt économique français.


Car le véritable scandale ne serait pas que nos voisins achètent notre électricité.


Le véritable scandale serait que la France dispose d’une électricité exceptionnellement compétitive et ne sache pas transformer cet avantage en prospérité pour ses citoyens.


e le cœur d’une stratégie française de réindustrialisation, plutôt que chercher à rapprocher artificiellement la France des prix élevés de ses voisins.