Oui, il y a une faille majeure — structurelle, non marginale — dans le raisonnement central de l’article.
Et cette faille suffit à invalider toute la chaîne logique qui suit (intrication → rejet de la MQ → modèle des nuons → gravité par neutrino → cosmologie alternative).
Je te fais une analyse claire, structurée, et surtout physiquement argumentée.
🔥 Le point clé : la confusion entre “temps propre nul” et “absence d’évolution physique”
> « Le photon a un temps propre nul → il ne peut subir aucun changement → deux photons intriqués partagent une durée propre nulle → donc ils conservent une polarisation globale fixe → donc l’intrication est triviale → donc la mécanique quantique orthodoxe est fausse. »
🧩 1. Le temps propre d’un photon n’est pas un paramètre physique utilisable pour décrire son évolution interne
- Le temps propre \( \tau \) est défini uniquement pour des trajectoires timelike (vitesse < c).
- Pour les photons, la trajectoire est null → \( d\tau = 0 \).
- Cela ne signifie absolument pas que le photon “n’évolue pas”, “ne peut rien changer”, ou “voit tout comme simultané”.
Il n’y a pas de cadre dans lequel le photon serait “au repos” pour analyser son évolution interne.
on ne peut pas raisonner dans un référentiel qui n’existe pas.
L’auteur construit donc toute sa thèse sur un référentiel… interdit par la relativité elle-même.
🧩 2. L’intrication ne dépend pas du temps propre des photons
- et indépendant de la vitesse des particules.
- entre atomes froids (v ≈ 0).
👉 Donc l’argument “seuls les photons peuvent être intriqués car leur temps propre est nul” est contredit par l’expérience.
🧩 3. L’intrication n’est pas expliquée par une “polarisation globale fixe”
- intrication quantique (corrélation non factorisable, violant les inégalités de Bell)
- indépendance spatiale.
👉 Donc l’explication “classique” proposée dans l’article est déjà réfutée expérimentalement.
🧩 4. L’auteur affirme que le théorème de Bell ne s’applique pas car “on n’a pas trouvé de variables cachées”
C’est une incompréhension profonde.
> Si une théorie locale à variables cachées existe, alors certaines inégalités doivent être respectées.
> Les inégalités sont violées → aucune théorie locale à variables cachées n’est possible.
Le fait qu’on n’ait pas trouvé de variables cachées renforce le théorème, il ne l’invalide pas.
🧩 5. Le reste de l’article repose sur cette erreur initiale
Une fois que le raisonnement “temps propre nul → pas d’évolution → intrication triviale” tombe, tout ce qui suit s’effondre :
- etc.
Ce sont des constructions logiques sur un fondement faux.
> L’auteur utilise un référentiel propre du photon pour en déduire des propriétés physiques.
> Toute la chaîne logique est donc invalide.
C’est un peu comme construire une théorie de la météo en partant du postulat que “0°C = 100°C”.
Et aussi je vais faire un tour d’horizon des autres failles, en plus de celle sur le temps propre du photon.
Je me limite aux erreurs structurelles, pas aux petits dérapages de style.
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1. Intrication : confusions fondamentales
1.1. Confusion corrélation classique / intrication quantique
Il affirme en substance :
> “Deux photons intriqués partagent une durée propre nulle, donc une polarisation globale fixe.”
Cette vision correspond à un scénario classique :
- les deux photons reçoivent une polarisation prédéterminée à la source,
- la corrélation est simplement transportée,
- aucune “bizarrerie” quantique.
Mais :
- Les expériences d’Aspect, Zeilinger, Gisin, Pan, etc. montrent des corrélations qui violent les inégalités de Bell, ce qu’aucun modèle de corrélation préexistante locale ne peut reproduire.
- Autrement dit : “polarisation fixe commune” = modèle local à variables cachées, déjà exclu expérimentalement.
Il rebadge un modèle déjà réfuté, sans le réaliser.
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1.2. Intrication des particules massives niée par assertion
Il écrit que les particules de masse non nulle ne peuvent pas être intriquées car elles ne vont pas à \( c \), et que l’illusion d’intrication vient des photons échangés.
Problèmes :
1. On a réalisé expérimentalement :
- intrication d’ions piégés (Wineland),
- intrication d’atomes froids,
- intrication de qubits supraconducteurs,
- intrication de spins nucléaires, etc.
2. Dans ces systèmes, les degrés de liberté intriqués sont ceux des particules massives elles‑mêmes (spins, niveaux d’énergie), et l’intrication est vérifiée par violation d’inégalités de Bell ou de témoins d’intrication.
Dire “elles ne peuvent pas être intriquées” revient à nier une partie entière de la physique expérimentale des 30–40 dernières années.
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1.3. Mauvaise compréhension du “collapse” et de l’état quantique
Il affirme qu’un changement d’état (onde → particule, collapse) est impossible en temps propre nul, donc que la 2e MQ est fausse.
Double erreur :
- Le formalisme quantique standard (équation de Schrödinger / équation de Dirac pour les champs) ne nécessite pas de temps propre du photon pour décrire l’évolution des amplitudes.
- Le “collapse” n’est pas un processus local dans le référentiel propre du photon ; c’est une mise à jour d’état conditionnelle à la mesure, calculée dans un référentiel d’observateur.
Il applique une intuition de relativité (référentiel propre) à un objet mathématique (vecteur d’état) qui n’est pas localisé comme une trajectoire classique. Mélange de catégories.
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2. Théorème de Bell : incompréhension complète
Il écrit en substance :
> “Comme on n’a jamais identifié de variables cachées, le théorème de Bell ne s’applique pas.”
C’est exactement l’inverse de ce que dit Bell.
- Bell : si une théorie locale à variables cachées existe, alors certaines inégalités doivent être respectées.
- Expérience : les inégalités sont violées → donc aucune théorie locale à variables cachées ne peut reproduire les résultats.
- On n’a pas besoin de “trouver” les variables cachées pour appliquer Bell, c’est un théorème conditionnel et négatif : il exclut une classe de théories.
Il traite Bell comme une sorte de test expérimental de “présence de variables cachées détectables”, ce qui n’a rien à voir avec la structure logique du théorème.
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3. Mécanique quantique : caricatures et amalgames
3.1. Confusion entre interprétation et formalisme
Il mélange :
- La MQ “de Bohr” (interprétation de Copenhague),
- La MQ de Schrödinger / Heisenberg / Dirac (formalisme),
- La MQ “de 1905” d’Einstein (quantum de lumière pour l’effet photoélectrique).
Et il présente :
- “MQ 1” (Einstein 1905) = bonne, semi-classique, photon seul quantique,
- “MQ 2” (1925–27) = mauvaise, onde-corpuscule, collapse, superposition, etc.
Problème : la “MQ de 1905” est un modèle phénoménologique partiel, pas une théorie complète des champs, des atomes, des interactions, ni des corrélations non locales.
La “2e MQ” (Schrödinger/Dirac + Born + Hilbert) est ce qui :
- explique les spectres atomiques,
- explique la cohésion chimique,
- décrit les semi‑conducteurs, lasers, supraconducteurs, etc.,
- est à la base de la QED, QCD, modèle standard, etc.
Revenir à 1905, c’est abandonner 95 % de la physique expérimentale depuis un siècle, pas juste “simplifier” une interprétation.
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3.2. Rejet des inégalités de Heisenberg sur un malentendu
Il propose de jeter à la poubelle :
> “les équations d’incertitude de Heisenberg n’ont plus lieu d’être.”
Parce qu’elles découleraient d’une “MQ 2” invalidée.
Problème : les relations du type
\[
\Delta x \, \Delta p \ge \frac{\hbar}{2}
\]
ne sont pas une opinion philosophique de Bohr, mais un théorème mathématique dans un espace de Hilbert avec opérateurs non commutatifs \([x,p] = i\hbar\).
Pour les violer, il faut :
- soit abandonner tout le formalisme standard (Hilbert + opérateurs),
- soit accepter des théories plus exotiques (variables cachées non locales, modèles pilotés, etc.).
Mais il ne propose pas de nouveau formalisme mathématique cohérent ; il se contente de dire : “on revient à Einstein 1905 + photons + modèles semi‑classiques”.
Cela ne reproduit pas la structure d’incertitude qu’on observe dans les expériences de diffraction, spectroscopie, etc.
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4. Modèle standard : critiques mal ciblées et approximatives
Il énumère un certain nombre de “problèmes” du modèle standard (SM), dont certains sont réels, mais il les utilise pour justifier un remplacement complet par le modèle des nuons.
Erreurs ou raccourcis :
4.1. “Le SM ne peut pas calculer la masse du proton”
C’est plus subtil :
- La masse du proton peut être calculée en QCD sur réseau, avec une précision non parfaite mais remarquable.
- C’est difficile, mais ce n’est pas un aveu d’échec conceptuel, c’est un problème de calcul fortement couplé.
- Dire “le SM est incapable de calculer la masse du proton” comme un argument de rejet est trompeur.
4.2. Passage de “problèmes ouverts” à “le SM est faux”
Oui, il y a des difficultés réelles :
- énergie du vide (constante cosmologique),
- matière sombre,
- énergie sombre,
- hiérarchie de masses,
- neutrinos massifs, etc.
Mais :
- Le fait qu’un modèle ne soit pas complet ne signifie pas que sa partie validée est fausse.
- On ne jette pas tout l’édifice parce qu’il ne fait pas la cosmologie ou la gravité quantique.
L’article glisse constamment de “il y a des limites” à “il faut tout abandonner et repartir sur un autre modèle complet”.
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5. Modèle des nuons : assertions sans tests systématiques
Il présente le modèle des nuons comme :
- capable de reproduire toutes les masses de particules connues,
- sans paramètres libres supplémentaires,
- expliquant matière noire, antimatière, forces nucléaires, etc.
Mais :
1. Il ne montre pas une comparaison systématique avec tous les canaux de désintégration, sections efficaces, moments magnétiques, distributions angulaires, etc.
2. Il traite les quarks, gluons, W, Z, Higgs comme des “artefacts mathématiques” ou des mauvaises interprétations, alors que :
- leurs effets expérimentaux sont extraordinairement bien décrits par le SM,
- on a des mesures précises des couplages, largeurs, constantes d’interaction, etc.
On est dans une logique classique de modèle alternatif :
- bonne concordance sur quelques grandeurs choisies,
- silence sur tout ce qui est dur à reproduire (fonction de structure des hadrons, jets, asymétries, etc.),
- interprétation ad hoc de ce qui dérange.
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6. Gravité : neutrino = graviton, sans vraie justification
Il postule que :
- le neutrino serait le quantum de gravitation,
- il serait vecteur et source de la gravité,
- les ondes gravitationnelles seraient des flux de neutrinos.
Problèmes majeurs :
1. Les propriétés attendues du graviton (dans un cadre quantique linéaire) sont celles d’un boson de spin 2, sans charge, distinct des neutrinos.
2. Les ondes gravitationnelles observées (LIGO/Virgo/KAGRA) sont bien décrites par la relativité générale classique, comme des perturbations du tenseur métrique, pas comme des flux de neutrinos.
3. Si les ondes gravitationnelles étaient des neutrinos :
- elles interagiraient beaucoup plus (ne serait‑ce qu’un peu) avec la matière,
- elles auraient des signatures très différentes en détecteur,
- leurs vitesses, atténuations, spectres seraient différents.
Il ne propose pas de calcul prédictif à comparer avec les mesures.
C’est un postulat “par analogie”, pas une théorie opérationnelle.
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7. Cosmologie : extrapolations libres et confusions de référentiels
Quelques points problématiques :
7.1. Temps propre de l’univers et âge cosmologique
Il mélange :
- temps propre de “l’univers primordial”,
- temps dans notre référentiel cosmologique,
- et tente de résoudre le problème de l’inflation en jouant sur le temps propre gelé par des photons au temps propre nul.
Mais :
- Le temps cosmologique standard est défini par la métrique FLRW, pas par une vision “référentiel propre de l’univers composé de photons”.
- L’inflation répond à des problèmes précis (horizon, platitude, défauts topologiques), via une dynamique de champ scalaire ou équivalent, pas juste en étirant “la première seconde” dans un référentiel mal défini.
7.2. Energie sombre = coquille de photons / neutrinos primordiaux
L’idée : une sphère d’énergie (photons/neutrinos) qui entoure l’univers et tire sur lui via la gravité.
Problèmes :
- Le modèle ΛCDM décrit l’énergie sombre comme une densité d’énergie uniforme (constante cosmologique), pas comme une coquille.
- Une coquille externe crée un champ gravitationnel très particulier (solutions analytiques en GR), qu’il faudrait comparer aux données :
- supernovae de type Ia,
- anisotropies du CMB,
- BAO, etc.
Il ne fournit aucun calcul ni test ; c’est une image qualitative qui ne passe pas l’épreuve de la cosmologie de précision.
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8. Méthode globale : sauts de niveau sans passer par la case test
C’est peut‑être le plus important au méta‑niveau.
Le schéma implicite est :
1. Identifier des inconforts conceptuels (intrication, collapse, superposition, vide quantique).
2. Proposer un cadre narratif plus “réaliste” (au sens intuitif).
3. Poser des hypothèses fortes (photon seul quantique, neutrino = graviton, nuons comme briques universelles).
4. Déduire des conséquences massives (abandon de la MQ standard, remplacement du SM, cosmologie alternative).
5. Sans passer, entre 3 et 4, par la case tests quantitatifs systématiques.
Tu sens le pattern : c’est séduisant intellectuellement, narrativement cohérent, mais ça ne respecte pas l’ordre habituel :
> idée → modèle mathématique → prédictions → confrontation quantitative → survie ou élimination.
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En résumé
En plus de la grosse erreur sur le temps propre des photons, les autres failles majeures sont :
- incompréhension de la structure de l’intrication et de Bell,
- confusion entre interprétation et formalisme de la MQ,
- rejet des relations d’incertitude sans proposer de formalisme alternatif,
- critiques du modèle standard qui mélangent vraies limites et caricatures,
- modèle des nuons non confronté à la totalité des données expérimentales du SM,
- identification du neutrino comme médiateur de la gravité sans compatibilité avec les observations d’ondes gravitationnelles,
- cosmologie basée sur analogies, sans vérification avec les données de précision.
2) Gemini